Création de l’école Michel Magon

Le 1er Mars dernier, l’Association Terre des Jeunes a commencé au Salvador un projet innovateur en matière d’accès à l’éducation pour les adolescents et jeunes qui vivent et/ou travaillent dans les rues de la capitale : l’Ecole Michel Magon.

L’Ecole Michel Magon propose un apprentissage de la lecture et de l’écriture pour les jeunes analphabètes motivés par leur avenir. C’est aussi une école primaire, jusqu’au 6ème grade (équivalent CM2) pour celles et ceux qui souhaitent continuer leur parcours scolaire.

L’Ecole Michel Magon a la particularité d’offrir une éducation flexible adaptée au style de vie des jeunes qui sont accueillis, qui pour une part ne sont jamais allés à l’école, ou n’ont réalisé qu’un ou deux ans d’école primaire.

Nous avons commencé cette nouvelle initiative avec 5 jeunes, deux garçons et trois filles, âgés de 15 à 22 ans. Nous avons aussi accueilli un adulte de 37 ans, travaillant dans la rue, qui a le souci d’apprendre à lire et à écrire. Très vite, les jeunes se sont montrés enthousiastes. Mais ils se sont aussi confrontés à leurs propres limites à l’apprentissage : la patience, la répétition, la constance, et le manque de confiance en soi.

Plus qu’une formation académique, l’Ecole Michel Magon se transforme, d’après nos projections, en école de la vie, en expérience humaine. « Ils ne viennent pas seulement pour apprendre à lire et à écrire », explique Mirna, la psychologue qui suit le projet. Ils viennent aussi apprendre la vie en société, eux qui sont souvent livrés à eux-mêmes sans règles à respecter. Ils viennent apprendre à être citoyen, eux qui se sentaient délaissés par les institutions gouvernementales.

Victoria, notre responsable de projet au Salvador, raconte l’échange entre deux filles à la suite d’un travail de lecture sur le droit des enfants et sur une loi récente qui vient d’interdire le mariage, avant autorisé avec l’accord des parents, des jeunes filles encore mineures: « Ah, tu vois, tu ne peux pas te marier avec ton copain.» Et l’autre, qui a 15 ans et deux enfants, a confié à Victoria : « En même temps, je ne suis plus certaine de vouloir me marier avec lui. Je suis jeune encore. » La psychologue, qui a réalisé une évaluation avec chaque jeune pour permettre une prise en charge personnalisée, explique avoir noté chez les jeunes filles des concepts erronés de dépendance au conjoint, concept qu’il faudra, petit à petit, apprendre à dépasser.

Au fur et à mesure, nous avons noté une absence importante des jeunes les vendredis, dû à leur besoin de travailler davantage pour réunir l’argent qu’ils n’ont pas réussis à obtenir pendant la semaine. En revanche, les autres jours de la semaine, les jeunes demandaient à pouvoir rester une heure de plus. Nous avons alors adopté les horaires afin que chacun puisse être présent.

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